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TIFRA TIGZIRT SUR MER ( Tansa-Tifra)

Tigzirt etait Rusuccuru ou Iomnium ?

13 Novembre 2013 , Rédigé par Malik Tifra

Tigzirt etait Rusuccuru ou Iomnium ?

Rusuccuru ou Iomnium ce sont des anciens noms souvent attribués à la localité sise en Kabylie maritime à 40 km nord de la wilaya de Tizi-Ouzou. Tigzirt une ville qui offre le calme et le repos par son micro climat, la proximité de la mer et le massif forestier de Mizrana. Les premières fouilles archéologiques sont faites par Pierre Gavault, architecte, inspecteur des édifices départementaux d'Alger, étaient sous la vigilance de l’instituteur Emile Drahon qui nous permet maintenant de se rendre compte de l’importance du site. Il est mort le 25 octobre 1895, sans avoir pu achever le mémoire dans lequel il rendait compte des fouilles et recherches dont le Ministère de l'Instruction publique l'avait chargé à Tigzirt, en 1894-1895.
Le mot Tigzirt en langue Amazigh signifie l’ile. C’est l’ilot qui a donné le nom à la ville. Le village moderne de Tigzirt, fondé en 1888, occupe une partie de l'emplacement de la ville romaine de Rusuccuru. Le nom Rusuccuru est formé de deux mots en carthaginois « Rus » veut dire cap « uccuru » poisson/tête, cette ville fut fondée vers l’an 650 avant jésus christ Cette identification, longtemps combattue le nom est établit d'une façon certaine par la découverte à Tigzirt de plusieurs inscriptions portant le nom antique. Rusuccuru est citée par Pline l'Ancien, qui nous apprend qu'elle fut honorée du droit de cité par Claude, Ptolémée la mentionne aussi. Une inscription du commencement du III e siècle la qualifie de municipe, et cette appellation se retrouve dans l'Anonyme de Ravenne. D'autre part, Rusuccuru est appelée colonie dans l'Itinéraire d'Antonin et sur la Table de Peutinger. Rusuccuru ce port faisait partie des échelles puniques, que les carthaginois installaient le long des côtes à une journée de navigation les uns des autres, et qu'ils choisissaient pour leurs plages à faibles déclivité, adaptées à l'échouage de leurs bateaux.
En outre, les archéologues ont trouvés dans les ruines de Taksebt, qui sont situées à 3 kilomètres environ de Tigzirt une inscription contenant l'ethnique Rusuccuritamis, et une autre mentionnant un quaestor coloniae. De ces documents, M. Pallu de Lessert a conclu avec quelque vraisemblance que le nom de Rusuccuru était commun aux deux villes dont les ruines se voient à Taksebt et à Tigzirt, mais que la première était une colonie, instituée par Claude, et la seconde un municipe, qui existait certainement au temps de Septime Sévère.
Les Actes de sainte Marcienne, mise à mort à Césarée à une époque inconnue, nous apprennent que la jeune martyre était originaire de Rusuccuru. Les listes épiscopales nous font connaître les noms de plusieurs évêques de la cité. Ce sont : en 411, Fortunatus, catholique, et Optatus, son concurrent donatiste; en 419, Ninellus ou Nicellus (Nigellus?) qui fut délégué au concile de Carthage par ses collègues pour y représenter la province; enfin en 484, Metcun (Mettun), qui fut envoyé en exil par le roi vandale Hunéric. On constate par ces textes que la ville eut, à l'époque chrétienne, une existence active sur son territoire très peu étendu, ils avaient relevé déjà quatre églises, dont une peut compter parmi les plus grandes et les plus belles de l'Afrique du Nord.
Les romains l’occupait vers l’an 40 à l’an 428 ils ont construit le casernement un petit port puis ils ont tracés des voies vers la haute Kabylie vers Bida Municipia actuellement Djemaa N’Saharidj Vigneral signale dans son ouvrage une série de groupes qu'il nomme en s'éloignant vers l'intérieur : Igueur-en-Saïd, Achroukhen, Igounan, Iril-Aïden, etc. Ces ruines déterminent de la façon la plus nette la voie de pénétration allant rejoindre la vallée du Sebaou route de l'intérieur vers Saldae. Au village de Cheurfa et Tifra des traces subsiste encore aux lieux dit Iguer n’said, Bordj-Messoria. Ces ruines sont au-dessous de Cheurfa, sur le versant ouest de la vallée de Ighzer-Uqermud. Ils ont fut construis des pressoirs sur de grand rochers à Tanqacht Azza , Ighil Aiden et Tensa d’où on retrouve aujourd’hui les ruines et les inscriptions rupestres en caractère libyque.
L’historien Pierre Gavault publie en 1897 une étude intitulée « les ruines romaine de Tigzirt » et Adrien BERBRUGGER publie en 1857 époques militaire de la grande Kabylie ils mettent en évidence l’importance de la ville et son rôle durant les combats du comte Théodose contre les Isaflenses qui sont identifies aux iflissen d’aujourd’hui. Aussi les révoltes de Firmus et Gildon
Mais le nom antique de Tigzirt est-il Rusuccuru ou Iomnium ? Ce sont Ed. Frézouls et A. Hus qui sont chargés en 1950 et 1951, par la Direction des Antiquités de l'Algérie, de fouiller les ruines de Tigzirt, ils ont essayés, après d'autres, à trouver le nom antique de la ville.

C'est M. L. Déroche qui avait repris, en 1949, les fouilles abandonnée pour un demi-siècle. Les fouilles de 1951 et de 1953. Furent confies a M. M. Euzennat disons que les fouilles récentes n'ont rien apporté pour permettre de trancher le débat.

C'est donc à des données déjà anciennes qu'il convient de recourir. D’abord sur les villes de la côte kabyle plusieurs textes qui présentent malheureusement, il y a de sensibles différences : le texte de Ptolémée, L’Itinéraire d'Antonin, le Géographe de Ravenne, la Table de Peutinger. Étant données les identifications sûres (Saldae = Bougie et Rusguniae = Matifou), la liste des stations intermédiaires et leurs distances, il n'y a pour Tigzirt, que l'on considère ou non Tàksebt comme une ville indépendante, que deux possibilités : Rusuccuru et Iomnium. S'il suffisait, en l'absence de tout texte littéraire explicite d'interroger l'épigraphie, mais les données épigraphiques peuvent être parfois équivoques et il faut au moins examiner si elles cadrent avec les textes géographiques anciens, que les chercheurs peuvent toujours, soupçonner à leur tour d'erreur, dans leur rédaction ou dans leur tradition.

La plupart des premiers savants qui s'intéressèrent à Tigzirt et notamment Shaw, VigneraL. Renier, Mercier, Berbrugger, etc. identifièrent Rusuccuru avec Dellys, à 22 km. à l'Ouest, ce qui imposait pour Tigzirt le choix de Iomnium ; mais déjà Mommsen, suivi au Corpus, en 1881, par Willmans, tenait la chose pour impossible et considérait comme épigraphiquement certaine l'identité de Tigzirt et de Rusuccuru. Gavault, dans son Étude de 1897, se rangea à cette opinion, comme bientôt Müller dans son édition de Ptolémée. Le courant semblait renversé et, malgré les fortes réserves en faveur de Tigzirt = Iomnium formulées par Cagnat et Dessau dans le Supplément de 1904 au Corpus1, S. Gsell adoptait en 1911, dans son Atlas archéologique une position très prudente : tout en paraissant opter pour Dellys = Rusuccuru et Tigzirt = Iomnium, il exposait avec tant de conviction les arguments contraires qu'ont peut vraiment hésiter sur son opinion profonde.
C'est M. J. Carcopino qui reprit, en 1914, le problème et revint résolument à la première solution une découverte épigraphique, en 1919 le confirma dans son jugement. Depuis lors, on a tenu la question pour tranchée, M. P. Salama identifie sans hésiter Tigzirt à Iomnium. Mais peut-on vraiment, avec les données actuelles, clore le débat?
Le temple de Tigzirt est dédié au Génie du Municipe de Rusuccuru par un C. Iulius Felix... Rusuccuritanus (CIL, VIII, 8995), qui habitait la mais avant de la transformer en temple. Dans ce cas seul un étranger insiste sur son origine et que c'est précisément parce qu'il est hors de Rusuccuru que Iulius Felix mentionne la sienne. Soit, mais pourquoi aurait-on construit à Iomnium un temple dédié au Génie de Rusuccuru qui, dit-on, aurait même pu servir de curie municipale, en un temps où Rusuccuru n'était encore elle-même que municipe? Ils déduisent une théorie génieuse : le municipe d'Iomnium serait en réalité sous la dépendance de Rusuccuru et même sur son territoire ; et Iulius Felix, qualifié dans la dédicace du temple aurait justement été délégué à Iomnium des magistrats de Rusuccuru. Ils ne disposent malheureusement d’aucune preuve; en plus, les données archéologiques infirment l'hypothèse : des trois sites de ruines, celui de Dellys n'est pas le plus important. En tout cas, il y a eu à Taksebt et à Tigzirt deux véritables petites villes. Si celle de Taksebt était en décadence au IIIe siècle, il est bien possible qu'on l'ait rattachée à Tigzirt, mais non pas à Dellys, éloignée de 26 km. Si Taksebt avait encore une certaine importance à cette époque, ce qui est vraisemblable Tigzirt pouvait très naturellement se trouver sous sa dépendance et le praefectus produoviris s'expliquerait parfaitement ainsi ; mais personne ne peut admettre à la fois l'existence de deux villes distinctes (Taksebt = Rusippisir et Tigzirt = Iomnium) à 4 km. L’une de l'autre et le rattachement l'une d'entre elles, voire de toutes les deux, à un Rusuccuru = Dellys distant de plus de 20 km qui fut rangé parmi les municipes.
En conclusion seule des recherches approfondies et vérifies peuvent nous amenés à des conclusions admissibles afin d’en tirer de l’histoire des ces joyaeuse roches taillés, qui peuvent encore révéler des secrets depuis des siècles sur la cote Kabyle.
Malik Ouhaddad.

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anonyme 28/02/2016 12:57

Cet article est très intéressant et nous mène à espérer que d'autres fouilles plus approfondies seront entreprises, dans un furire pas trop éloigné. Cette région semble assez pauvre mais elle est riche de promesses en devenirs. Par exemple, le tourisme est un puissant facteur de prospérité, et les atouts de Tigzirt avec à la fois des ruines antiques sur un établissement humain vénérable au bord de la Méditerranée, Tout cela a de quoi faire rêver toute la population européenne qui profite de vacances et aspire à des villégiatures calmes et accueillantes avec les pieds dans la grande bleue. Une petiteremarque sur le texte , il conviendrait de remplacer le mots "voix" par "voies". Bonne chance à vous.